Quand le doute s'installe

Publié le par charlimagine

Question de confiance!

    Devenir propriétaire d'un cheval est le rêve que caresse bon nombre de cavalier. Parfois, d'heureux hasards rendent le rêve accessible. Cela a été le cas pour ma rencontre avec Jazz.

Dès que j'ai lu l'annonce, j'ai su que c'était lui...lui le cheval qu'il me fallait. D'une minuscule photo de qualité douteuse, je nourrissais mes espérances. J'ai lu plusieurs fois le descriptif avec envie et excitation. Le mérens qui me trottait dans la tête depuis quelques années m'apparaissait inopinément à portée de souris. Un clic plus tard, je contactais la propriétaire.

Après quelques mails, nous avions convenu d'une date pour nous rencontrer.
C'est dans le froid humide de novembre que j'ai rencontré pour la première fois Jazz. La nuit tombait lorsque je l'ai découvert, trempé et poisseux. Seule la pelote blanche de son front permettait de le distinguer dans le noir. En un coup d'oeil, le coeur avait parlé: Ce cheval serait mien. Contre toutes formes de raison et de patience, ce fut sur cette seule visite que je décidais d'acheter cet animal au caractère délicat.

  Une immense satisfaction m'étreignait le jour où nous avons embarqué Jazz dans le van. Heureuse et naïve, je profitais avec délectation de mes premières heures de propriétaire.

Hélas, tout n'a pas été aussi idéal que ce à quoi je m'attendais. Le bougre d'animal que je venais d'acquérir n'a pas eu le coup de foudre pour moi. Je faisais l'amère expérience que l'amour inné qu'il m'a inspiré n'était pas partagé.
Pire qu'une flagrante antipathie, j'ai été confronté à l'indifférence.

Cela a été la première phase de questionnement, allais-je pouvoir supporter cette apparente platitude de comportement? Pourrais-je indéfiniment l'aimer pour deux? Pourquoi est-ce que je ne lui inspirais rien  à ce foutu canasson?

Je me doutais bien qu'il ne serait pas aisé de construire une relation harmonieuse avec mon cheval, mais là, je me sentais démunie. Nous étions deux étrangers, allions-nous réussir à communiquer? et puis même si nous y parveniions, serait-ce suffisant pour que l'on s'apprécie?

Les choses n'ont pas été en s'arrangeant. Jazz profitait de mes doutes pour me faire comprendre par une magistrale chute qu'il était un cheval bien vivant au caractère bien trempé. Il venait de valider en trois sauts de moutons mon incompétence. C'est à ce moment que la raison aurait du prendre le dessus. Mais trop tard, le piège s'était refermé, Jazz avait fait son nid dans ma vie.

Notre relation s'est ponctuée de longues remises en question. C'était les jambes flageolantes,le teint livide et les mains moites que je mettais le pied à l'étrier...et encore les jours où courageuse, j'avais osé prendre la selle.L'animal avait trouvé le stratagème efficace pour ne pas avoir à me supporter sur son dos. Perspicace, il s'arrêtait attendant que mes jambes viennent timidement au contact  de ses flancs pour reculer...puis finalement se cabrer de quelques centimètres. Terrorisée, je mettais pied à terre! Le tour était joué...La première fois, c'était lorsque je l'avais fortement contrarié puis petit à petit c'était devenu systématique dès que je lui demandais un effort.

 Je me contentais souvent de promener mon bidet en main, de le travailler à pied. Notre histoire se batissait l'un à coté de l'autre mais pas l'un avec l'autre. La confiance nous faisait défaut.

Plus de deux ans se sont écoulés, dans l'indolance et la résigniation. Pourtant, il a bien fallu la confrontation, Jazz ne pouvait pas indéfiniment m'imposer sa force physique et mentale.

 Des deux, le plus têtu c'est moi. J'ai mis du temps à le comprendre. Et pourtant, une fois qu'on le sait, tout est plus simple. C'est le plus déterminé des deux qui l'emporte. Avec l'aide de quelques personnes avisées, j'ai compris qu'à ce petit jeu, il ne tenait qu'à moi d'être la gagnante.

J'ai appris à me faire confiance, que je pouvais très bien tenir tête sans complexe au bidet; Ce n'est pas parce que je lui dirais "NON" fermement que je n'aurais plus sa considération.
Nous apprenons depuis un an à nous faire mutuellement confiance. Nous progressons à notre rythme. Nous passons beaucoup moins de temps à jauger notre attitude.











Depuis un an, je découvre de nouvelles sensations jusque là inacessibles entre doutes et angoisses...

Il m'est même arrivé d'éprouver de la fierté pour le parcours que nous avions accompli ensemble!


Notre histoire n'est pas parfaite, on apprend encore à se connaître. Mais en filigrane, naît une complicité.

Jazz ne m'accueille toujours pas avec de vaillants frémissements, il ne daigne pas venir à ma rencontre au grand galop...Sans doute ne le fera-t-il jamais. Mais je n'ai pas besoin de ça. Imperceptiblement, il me semble voir à son regard facétieux qu'il est content de me voir. Une illusion, peut être mais il me plaît d'y croire.

Récemment,lors d'une séance de jeu entre Jazz et moi, on m'a dit
"Votre complicité fait plaisir à voir"...
C'est un très joli compliment, comme si tout  avait été facile et évident...et pourtant!







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Publié dans blabla de dadas

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B
Coucou, ton cheval est vraiment trop mamé !<br /> Quelle longue histoire en tout cas :p<br /> Bizz et bonne continuation.
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T
Héhé j'adore la dernière photo !
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G
Wouahou! Quel progrès!<br /> Alors finalement, doit on douter pour avancer, ou cela sert-il à rien???<br />  <br />  <br /> En tous cas, ça y est, je vois les images, plus de frustrations! lol
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