ces autres qui font mon "je"
La quête identitaire: Un besoin social?
Ces autres qui font mon « je »
« Qui suis-je ? ». Voilà une question à laquelle l’individu va tâcher de répondre tout au long de sa vie.
Avant même sa conception, l’individu EST objet de désir. Avant même sa naissance, on pourra distinguer son sexe : homme OU femme. Puis ses parents vont lui choisir un prénom. Au sens administratif, l’identité se définit par un nom et un prénom.
Le nom de famille est celui qui lie l’individu à un groupe primaire uni, formé pour le moins du père et de la mère. Le nom de famille lui fournit un groupe d’appartenance auquel il va pouvoir s’identifier. La famille, groupe naturel, exauce le besoin « d’être comme », « ressembler à ».
Le prénom est l’appellation par laquelle il va pouvoir être reconnu par les autres membres de la famille. C’est grâce à lui, qu’il va pouvoir se distinguer, être un individu propre.
Appartenir à un groupe : La famille > Besoin d’identification
Etre reconnu, distingué des autres > Besoin d’individuation
L’identité sert à devenir un sujet reconnu par soi-même et par les autres.
Déjà, nous pouvons constater l’importance d’autrui dans la construction identitaire. Ce sont les parents qui nous choisissent un prénom et nous fournissent un nom (venant déjà de leurs ascendants, ce qui lie l’individu à une continuité dans le temps, lui donne une filiation).
La conscience de soi revêt une dimension primordiale afin que l’individu s’approprie son existence, accomplisse son destin, donne du sens à sa vie. Mais cela n’est possible qu’au travers du regard d’autrui : la perception et le sentiment de soi gagne en réalisme en se confrontant aux images renvoyées par autrui. Comme l’écrit *E. Marc c’est donc en s’acceptant différent et se reconnaissant semblable que chacun peut accéder à un sentiment d’identité plus stable.
Finalement, peut-on exister sans les autres ? L’identité n’est-elle que la réponse de l’humain à son statut d’être social ?
Le regard d’autrui permet une réévaluation de son image, il contribue au sentiment de continuité et d’authenticité de l’individu : fragile équilibre qu’il tend à entretenir tout au long de son existence.
Au-delà d’un besoin social l’homme part en quête de sens quand, au grès de l’alchimie des rencontres, des représentations, des expériences, autrui, molécules sociales, forme la clef de voûte de notre construction identitaire. Sans les autres, nous n’aurions qu’une vue plane (subjective) de qui nous sommes, c’est autrui qui met notre identité en relief : Chaque « autre » renvoie une image de nous, c’est en les assemblant, par le truchement des clichés que nous bâtissons une image en « 3D » de nous même. Notre identité se fonde tout au long de notre vie au gré de nos « aménagements intérieurs » et grâce à la diversité de nos rencontres.
En perpétuel changement, l’identité est une quête inachevée.
*MARC E (2005), Psychologie de l’identité, soi et le groupe, Paris, Dunod