En voiture
Malgré quelques ballades en calèche, touriste, dans les allées de châteaux de la Loire ou sur les foires transportant des badauds, je ne m’intéressais pas à l’attelage…Voir des voitures hippomobiles n’évoquaient pour moi que l’occasion de faire des papouilles à d’énormes têtes dociles que deux œillères cernaient comme dans un étau.

Peut-être était-ce par censure d’un prestige élitiste ou par représentation obsolète du cheval, jamais je ne m’étais imaginé tenir des guides…à moins que cela ne soit ceux d’un lointain cousin d’Ourasi ou d’Une de Mai.

Les mots « avaloir », « timon », « palonnier » et autre « culeron » se sont néanmoins mis à prendre du sens. Les premières fois où j’ai eu à « garnir » un cheval ont du être assez cocasses, à me dépatouiller entre la bricole et la sellette avant d’en trouver le sens…

Les chevaux rassurés mutuellement, la synchronisation de l’effort à chercher en permanence, et quand les fers claquent en un même son, le précieux rythme enfin trouvé sont autant de détails qui m’ont séduit dans l’attelage en paire (En plus de la vue imprenable sur les crinières flottantes et les lignes dorsales autour desquelles se répartissent les formes généreuses de chevaux de traits.)

Impressionnant et subtil, de l’attelage je ne connais que les rudiments. Ballades estivales nonchalantes et galops humides sur la plage picarde siègent dans ma mémoire comme les balbutiements d’une heureuse initiation.

ballade sur les routes normandes