Les vacances sont l'occasion de s'adonner à des loisirs que l'on ne pratique pas habituellement...Des voyages, du sport, des sorties...Cette année, j'ai bien profité de tout cela...Mais en plus, j'ai pris des leçons de couture auprès de ma soeur...Oui, oui, j'ai bien dit de couture!
Quelle drôle d'idée me direz-vous? Ma foi...pourquoi pas? C'est ainsi sous l'oeil expert et patient d'Amélie, que j'ai joué de l'aiguille! Il m'était déjà arrivé d'assembler deux bouts de tissus ensemble, j'ai reprisé des vêtements...Mais cela n'avait suscité chez moi une aucune vocation...Enfin jusqu'à présent!
Rentrée scolaire à l'horizon, je voulais une nouvelle trousse...
Un peu de broderie pour la personnaliser ...



Ma trousse c'est un peu un coffre fort, on y trouve de tout...De plus ou moins utile...de plus ou moins de valeur...Pour le moment, elle n'est envahie que du nécessaire basique pour entamer l'année sereinement!
Alors bien sur, pour accompagner la trousse...il me fallait un sac...Logique non? Un jean troué ( un freeman porter qui s'est troué en moins d'un mois...j'espère lui donner une carrière digne de son prix avec cette nouvelle vie!) et un débardeur que je ne porte plus feront l'affaire...Je recycle comme je peux!


Les bretelles du débardeur pour faire les anses, un bout du cache poitrine pour faire la poche avant...
Et pour finir, je me suis risquée à faire une robe...enfin les finitions sont approximatives, et j'ai vu très juste au niveau de la taille (un bon plan pour vérifier si j'ai pris du poids!)

Les bretelles sont amovibles mais fragiles...
La robe peut se porter "blouser" ou alors avec une ceinture...L'idée m'a été inspirée par un modèle de robe de plage d'Etam.
J'imaginais aussi rendre amovible la bande de tissu blanche (par des pressions ou des liens) et pourquoi pas proposer une série de "bande de tissu" aux couleurs et matières variées afin de changer le look de la robe au gré de son humeur...Une même robe, et plusieurs style! Un vrai régal pour les filles!Enfin bref, ce ne sont que des idées!
Ah oui, pour ce modèle (et tout le reste) c'est du 100% cousu main...J'vais peut être investir dans une machine à coudre si ca continue!

J'ai maintenant hâte de passer au stade du perfectionnement!

Dans le jardin des rumeurs, une maison pleure
Les volets à mi-clos, elle sent sa fin venir
Les gouttières crachent leur mousse, les murs suintent de sueur
De leur trou, les toilettes broient du noir et soupirent.
La chaudière hoquette, crachant des larmes de chaleur
D'un bâillement de porte, s'échappent ses souvenirs
Des rires, des voix, des pas, des odeurs, des couleurs
Se décollent, se déchirent, glissent des pierres qui transpirent.
La vie quitte ses couloirs, même le père fouettard
Ne gronde plus du fond d'la cage d'escalier
Pour qu'enfin mangent les enfants boudeurs ou bavards
Les fourmis ne défilent plus dans le sucrier
Plus d'chiens dans le jardin, plus de chats sur l'armoire
Seul un couple d'araignées survit dans le sellier.
Des fantômes se sont installés dans les placards
Mais se désolent de l'absence d'hôtes à terrifier.
La cuisine s'éteint, les casseroles ont déserté
La batterie de culs de poule ne répond plus
Aux brots d'inox frémissant d'eau chaude ou de lait
Le four épuisé, la hotte enrhumée s'est tue
Les dessins sur les vitres se sont tous effacés
Les chamex et les torchons n'ont pas survécu
Aux verres, couverts, assiettes, plats et saladiers
Baignant autrefois dans les bacs de plonge en crue.
La salle n'accueille plus les repas interminables
Où le berger Cadio contait ses aventures
A deux gamines pressées de quitter la table
Pour vite se rouler dans l'herbe ou cueillir des mûres
Le dimanche s'organisait la valse des cartables
Pleins de crayons de couleur, feutre, colle et peintures
Que de dessins d'anniversaire inoubliable
Cachés sous l'assiette, près du pot de confiture.
Dans le jardin des rumeurs, une maison meurt
Les volets sont clos, elle voudrait tant partir
Pelleteuse détruit les fondations de cette demeure
Les oiseaux voleront dans la pierre du souvenir
Ces rires, ces voix, ces pas, ces couleurs, ces odeurs
Qui résonnent, vibrent, chantent et crient font que je respire.
Au fond de mon cœur, trône la maison du bonheur
Boite bercée de l'enfance, ouverte sur l'avenir.
Phil court toujours, à la bourre, à contre courant, le souffle court, il collecte les contre temps. Prenez garde à vous quand Phil file à ses rendez-vous, il renverse les filles comme des quilles, il s'affole dans la foule, gesticule et bouscule acculé dans ses pensées au rythme de ses pas pressés. Il cavale, il dévale, il s'emballe pour arriver le teint pâle à sa destination finale. Pour justifier ses retards répétés, au hasard du contexte il prétexte des déboires de réveil qui sommeille et son auto accroc aux narcos, ses voisins fidèles comme des chiens galeux qui vous tiennent la jambe ou vous réprimandent pour vos poubelles trop pleines. Phil se défile dès qu'il doit suivre le fil de sa vie…Fini métro, boulot, dodo, aujourd'hui, bistrot, goulot, rototo. Ah si seulement j'avais pu prévoir ces contre temps se lamente Phil…Ah si seulement je pouvais savoir ce qui m'attend…
Absorbé dans ses pensées ou imbibé d'alcool, Phil n'avait pas vu qu'une femme s'était glissée dans son appartement, elle se tenait face à lui, tenant contre elle une boite ronde qu'un joli nœud doré venait sceller. Phil sursauta en découvrant cette présence féminine, il eut beau se frotter les yeux, la femme resta là, un sourire figé sur son visage angélique. Il feint d'ignorer cette apparition en s'emmitouflant dans le plaid élimé du sofa. Recroquevillé, le nez dans les coussins, il finit par sombrer dans un sommeil tourmenté…En se tournant pour la énième fois, Phil s'écroula au sol. Cherchant à tâtons à se redresser, l'halogène du salon s'alluma baignant la pièce d'une douce lueur. Phil se crispa, dos collé au siège du sofa, il tenait ses genoux, l'air hagard…Quelqu'un est entré…Un cambrioleur…Non non impossible…il n'allumerait pas de lumière …La femme de ménage…trop tôt…Une ex? Laquelle?
Tandis que Phil peinait à reconstituer la liste de ses aventures d'un soir ou à peine plus, des pas discrets s'approchèrent. Phil ne bougeait plus, les lèvres serrées, se mordant l'intérieur des joues pour se retenir d'appeler à l'aide, il ne pouvait contrôler les tremblements de ses mains qu'il serrait pourtant fermement l'une contre l'autre. Une silhouette longiligne apparut de derrière le canapé, une femme…Une belle femme. La femme que Phil avait cru voir la veille. Là, il ne s'agissait pas d'une hallucination, ses dents s'étaient resserrées fermement sur les muqueuses de ses joues lui arrachant une grimace de douleur. Il aurait voulu lui demander qui elle était, ce qu'elle faisait là, mais il resta là, assis au sol, à la dévisager. Elle affichait toujours ce sourire parfait illuminant ses traits fins. Aucun signe de gêne ou d'angoisse n'émanait d'elle, comme si la situation lui semblait tout à fait naturelle. Phil n'éprouvait pas la même sérénité. La situation l'embarrassait, inquiétude, surprise et curiosité défilaient dans sa tête. La femme vint s'asseoir sur la table basse du salon faisant face à Phil. Il put découvrir son visage délicat, bien qu'elle n'eût aucunes rides, il fut incapable d'estimer l'âge qu'elle pouvait avoir. Ses cheveux étaient attachés en un chignon soigné, seules deux mèches auburn encadraient son visage. Phil eut la désagréable sensation d'avoir déjà vécu cette scène. La femme posa la boite ronde au nœud doré à coté d'elle, avant de dire:
- Enfin, réveillé? Je t'ai apporté une nouvelle boîte…Ne manges pas tout ce soir. Il ne faudrait pas en abuser. C'est déjà la quatrième que je t'apporte.
Phil se leva alors, prit la boîte avec précaution dans un soupir de soulagement. Il tira sur le ruban doré qui coulissa pour libérer les boucles du nœud. Il souleva le couvercle et d'un regard gourmand, il se délecta de l'arc en ciel coloré que formaient les macarons, déposés en spirale à l'intérieur de la boite, sur un papier blanc, satiné.

