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Même si ton geste  te paraît minuscule dérisoire, fais-le!
(Théodore Monod)
 
Jeudi 19 juin 2008

Circulation alternative...

Précédemment, bon gré, mal gré, je m'étais adaptée  à la jungle urbaine...Les palpitations de ce mode de vie trépidant avaient su convaincre mes réticences...Un verre en terrasse à la nuit tombée, en plein été, une flânerie dans les rues du quartier Saint Pierre, l'euphorie des soirs de match, les concerts gratuits ...Je ne regrette rien, mais aujourd'hui, le goût de la cité est fade au regard de ce que m'apporte la vie à la campagne...

Vue sur les champs, nus, foisonnants, fauchés, labourés, les saisons s'écrivent dans la terre... La vie  y répète son chant inlassablement...Je m'émerveille chaque fois des couleurs du ciel, des contrastes du paysages, des rencontres avec la vie sauvage venant rendre  à l'humanité toute son humilité.

Depuis quelques mois, j'emprunte plusieurs fois par jour la route de campagne qui me plonge vers la vallée de l'Andelle. A travers bois et prés, j'y ai fait au fil des jours des rencontres cocasses, pittoresques, inoubliables...Que j'ai  parfois pu immortaliser d'un clic (qui s'est avéré à l'occasion aventureux :-) )



A la campagne, pas de feu tricolore...Mais prendre garre à ceux et celles qui traversent sans regarder...
Petit matin...saut sur le frein...pour  laisser passer les vaches!

Les frontières de ces pâturages sont d'ailleurs plutôt perméables...


















Un veau un jour...

.






























Une vache toujours... (^^')







La circulation en ville  est réputée pour ses conducteurs peu locaces, exaspérés (et exaspérant...) qui jouent du klason au moindre ralentissement..Il n'est pas rare d'en voir  faire une  queue de poisson  à un  roulant comme une tortue ou encore d'en entendre un autre beugler  des noms d'oiseaux à deux poules jactant comme des pies ou   baillant aux corneilles quand le feu passe au vert....Jargon emprunt d'images bestiaires pour traduire la réalité d'une jungle urbaine...Mais à y regarder de plus près, les routes de campagnes, sous leurs airs paisibles, sont aussi assaillies par une faune tantôt oisive et paresseuse, tantôt sauvage et dangereuse....

























Faisan ou poule faisanne dandinent sur les bords de routes, foulant le macadam de leurs pattes menues avec empressement   plutôt que de battre des ailes pour se défiler du monstre de ferraille qui les colle au train...

















Une  rencontre émouvante...sans doute la plus insolite...Et certainenemnt la plus inconsciente...

















Imaginez l'excitation quand j'ai découvert à quelques encablures de mon capot ce bout de museau...En pleine journée!...je n'en croyais  pas mes yeux...Il me fallait une preuve irréfutable de cette insolente et insolite rencontre...Naïve ou présomptueuse...j' ai porté cette preuve quelques jours  au bout de mon doigt! (une éraflure qui m'a valu de contacter le centre antirabique du CHU de Rouen...) si si c'est vrai!!!!




Ces routes sinueuses méritent d'être apprivoisées pour en découvrir les subtilités...
Une faisanne dissimulée sur un tas de fumier...






















Des bois figés qui dépassent du champ de blé et qui soudain bondissent...



Avec la crise pétrolière, j'ai bien conscience qu'aujourd'hui vivre en campagne, excentrée des commerces, devient un luxe...Mais  j'espère vous avoir convaincu que la richesse de cette vie n'est certainement pas dans le porte monnaie...

Vendredi 11 janvier 2008
 
Les fêtes viennent de se clore...Bienvenue à la nouvelle année. Mais avant, quelques jours durant, Janvier doit porter le deuil  dans les villes où l'on a  fait des  trottoirs le cimetierre des géants verts.
 
Hommage à un géant

Roi
des villes,
 Roi des chaumières
 

Près d’un an qu’on attend

Les  premiers jours de l’hiver

Pour te vêtir d’or ou d’argent

Entre donc, Comme tu es fier !

 

Ta venue a exigé des aménagements,

On a dépoussiéré, fait un peu de rangement

Une plante dans l’entrée, une lampe déplacée

 Pour pouvoir t’installer      près de la cheminée.
 

D’une étoile sur la tête        On te sacre roi de la fête

 Toi qui brille dans la nuit          Soit notre maitre de cérémonie

Les pieds baignés de présents               Tu trônes silencieusement

Sous le regard figé du bœuf et de Marie   Déjà s’organise le pillage des offrandes

Dans une cohorte de rires et de cri                 L’assaut est lancé par la marmaille en bande

 

Ton règne s’achève dans un bain de cents papiers Pas de bienveillance pour l’invité d’honneur

De douleur, tu pleures tes aiguilles sur le parquet    Plante et lampe replacées, Rejoins donc l’extérieur.

 

Fier géant vert tu meurs,

Nu de ton habit
 De lumière
Tu dis au revoir
 À la terre
Sur le seuil froid de ta demeure
Jeudi 15 novembre 2007

Texte inspiré d'une expérience humaine émouvante: celle de la rencontre du public...Le 13 juin 2007, le théâtre du lendemain  à Etrépagny présentait ses travaux d'élèves, fruit de mardi soir de travail et de fou rire depuis plusieurs mois. Un voyage au bout de moi même pour s'abandonner aux spectateurs, cette représentation m'a boulversée par la densité d'émotions qu'elle m'a fait vivre...J'en retiens essentiellement une chose: Une impatiente envie de recommencer.
   

Merci à toi...
 

Voyage d'un soir

Aventure d'une heure
Toi dans le noir
Moi dans la peur

Je joue pour toi
d'audace et de fantaisie
Surtout n'hésites pas
à faire éclater ici
tes larmes ou ta joie




































C'est l'expérience d'un abandon

De n'être plus tout à fait soi
C'est  la quête d'une douce fusion
Prends du plaisir, fais-le pour moi

De tes émotions je m'enivre
Je donne sans compromis
l'énergie pour te faire vivre
cette histoire qui se finit.
Dernier souffle d'une union libre.

Voilà on se sépare
Histoire sans lendemain
Voyage d'un soir
Battent nos mains
En guise d'au revoir




Merci à toi public
D'être venu
Merci à toi public
D'avoir vu
Cette pièce unique*
Humble Salut.


* En effet, nous avons fait une unique représentation de " Brèves de gare", adaptation de la pièce " Les pas perdus" de Denise Bonal.

 

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