Précédemment, bon gré, mal gré, je m'étais adaptée à la jungle urbaine...Les palpitations de ce mode de vie trépidant avaient su convaincre mes réticences...Un verre en terrasse à la nuit tombée, en plein été, une flânerie dans les rues du quartier Saint Pierre, l'euphorie des soirs de match, les concerts gratuits ...Je ne regrette rien, mais aujourd'hui, le goût de la cité est fade au regard de ce que m'apporte la vie à la campagne...
Vue sur les champs, nus, foisonnants, fauchés, labourés, les saisons s'écrivent dans la terre... La vie y répète son chant inlassablement...Je m'émerveille chaque fois des couleurs du ciel, des contrastes du paysages, des rencontres avec la vie sauvage venant rendre à l'humanité toute son humilité.
Depuis quelques mois, j'emprunte plusieurs fois par jour la route de campagne qui me plonge vers la vallée de l'Andelle. A travers bois et prés, j'y ai fait au fil des jours des rencontres cocasses, pittoresques, inoubliables...Que j'ai parfois pu immortaliser d'un clic (qui s'est avéré à l'occasion aventureux :-) )

A la campagne, pas de feu tricolore...Mais prendre garre à ceux et celles qui traversent sans regarder...
Petit matin...saut sur le frein...pour laisser passer les vaches!




La circulation en ville est réputée pour ses conducteurs peu locaces, exaspérés (et exaspérant...) qui jouent du klason au moindre ralentissement..Il n'est pas rare d'en voir faire une queue de poisson à un roulant comme une tortue ou encore d'en entendre un autre beugler des noms d'oiseaux à deux poules jactant comme des pies ou baillant aux corneilles quand le feu passe au vert....Jargon emprunt d'images bestiaires pour traduire la réalité d'une jungle urbaine...Mais à y regarder de plus près, les routes de campagnes, sous leurs airs paisibles, sont aussi assaillies par une faune tantôt oisive et paresseuse, tantôt sauvage et dangereuse....



Faisan ou poule faisanne dandinent sur les bords de routes, foulant le macadam de leurs pattes menues avec empressement plutôt que de battre des ailes pour se défiler du monstre de ferraille qui les colle au train...
Une rencontre émouvante...sans doute la plus insolite...Et certainenemnt la plus inconsciente...


Imaginez l'excitation quand j'ai découvert à quelques encablures de mon capot ce bout de museau...En pleine journée!...je n'en croyais pas mes yeux...Il me fallait une preuve irréfutable de cette insolente et insolite rencontre...Naïve ou présomptueuse...j' ai porté cette preuve quelques jours au bout de mon doigt! (une éraflure qui m'a valu de contacter le centre antirabique du CHU de Rouen...) si si c'est vrai!!!!

Ces routes sinueuses méritent d'être apprivoisées pour en découvrir les subtilités...
Une faisanne
dissimulée sur un tas de fumier...

Des bois figés qui dépassent du champ de blé et qui soudain bondissent...
Les fêtes viennent de se clore...Bienvenue à la nouvelle année. Mais avant, quelques jours durant, Janvier doit porter le deuil dans les villes où l'on a fait des trottoirs le cimetierre des géants verts.
Près d’un an qu’on attend
Pour te vêtir d’or ou d’argent
Entre donc, Comme tu es fier !
Ta venue a exigé des aménagements,
On a dépoussiéré, fait un peu de rangement
Une plante dans l’entrée, une lampe déplacée
D’une étoile sur la tête On te sacre roi de la fête
Les pieds baignés de présents Tu trônes silencieusement
Sous le regard figé du bœuf et de Marie Déjà s’organise le pillage des offrandes
Dans une cohorte de rires et de cri L’assaut est lancé par la marmaille en bande
Ton règne s’achève dans un bain de cents papiers Pas de bienveillance pour l’invité d’honneur
De douleur, tu pleures tes aiguilles sur le parquet Plante et lampe replacées, Rejoins donc l’extérieur.
Fier géant vert tu meurs,
Sur le seuil froid de ta demeure
Voyage d'un soir
Aventure d'une heure
Toi dans le noir
Moi dans la peur
Je joue pour toi
d'audace et de fantaisie
Surtout n'hésites pas
à faire éclater ici
tes larmes ou ta joie


C'est l'expérience d'un abandon
De n'être plus tout à fait soi
C'est la quête d'une douce fusion
Prends du plaisir, fais-le pour moi
De tes émotions je m'enivre
Je donne sans compromis
l'énergie pour te faire vivre
cette histoire qui se finit.
Dernier souffle d'une union libre.
Voilà on se sépare
Histoire sans lendemain
Voyage d'un soir
Battent nos mains
En guise d'au revoir

D'être venu
Merci à toi public
D'avoir vu
Cette pièce unique*
Humble Salut.

* En effet, nous avons fait une unique représentation de " Brèves de gare", adaptation de la pièce " Les pas perdus" de Denise Bonal.

