Croisière au fil des maux
Baraque à la dérive.
Au bout du ru, le zoo
D'une humanité captive
Dans une cage sans barreau
Les maux profonds s'inscrivent
Sur les pans du bateau.
Ivre d'échouer, lascive
La bicoque coule sous les flots
De paroles vaines furtives.
Dans le sillage du radeau
Les effluves de broutilles
Déversées par les matelots
Attisent la soif des convives,
Noyés dans leur mal de peau.
En rade, sur le pont vide
L'amiral affronte les eaux
Hurlantes, remuantes, vives.
Il défie les rouleaux
D'écume blanche livide
De repeindre le tableau
Du rafiot intrépide.
Les couleurs des drapeaux
Lavées de bave acide
S'étiolent du mât bien haut.
Sur la galère fictive
Ne reste que le culot
De l'homme, sombre victime
Pour sortir par'l goulot
De cette pâle bouteille vide.
L'amiral en héro
De sa cabine, s'active
Une lueur s'le bureau
L'encre sèche sur les rides
De feuilles froissées d' journaux
Pour dernière directive:
"Le navire aux cent maux
Naufrage vers les abîmes"
Croisière au fil des mots
Une plume flotte sur les rimes.
Ma télé-vision
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Epile, efface
Toutes tes idées reines
Qu’elles passent à l’as…
Mises au grill des chaines
Goût télé achat des masses
Qui vante bêtise et haine
Prison piège d’audimat
Drôle de petite cervelle
Qui oscille surtout à droite
Devenue inconditionnelle
De la mise en boite
Apprend ce qu’on te répète
Sur ta télé extra plate :
Des infos des intox
Cure de paradoxes
Le Paradis ? perdu
Images sublimes, minables
Impressions déjà vu
Envie ma vie incroyable
d’un vrai con vaincu
Drôle de petite cervelle
Prends garde, on te formate
Résiste à l’appel
Même si on t’appâte
Au pied de l’échelle
Pour faire grimper l’audimat
Des vrais des faux
Des rushes de videos
La vérité ? perdu
Images superbes, posées
Suspense entendu
C’est la télé réalité
Que l’on t’a revendu
Epile, efface
Ces vérités hertziennes
Qu’elles passent à l’as…
Brises donc ces chaines
Demi-tour c’est une impasse
Plus de câble qui te retienne
A cette vie d’automate
Des mains
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Des mains qui caressent
Des mains qui font souffrir


