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De l'air

Musique!


 
Dimanche 18 mai 2008
Une maison pleure


Dans le jardin des rumeurs, une maison pleure

Les volets à mi-clos, elle sent sa fin venir

Les gouttières crachent leur mousse, les murs suintent de sueur

De leur trou, les toilettes broient du noir et soupirent.

La chaudière hoquette, crachant des larmes de  chaleur

D'un bâillement de porte, s'échappent ses souvenirs

 Des rires, des voix, des pas, des odeurs, des couleurs

Se décollent, se déchirent, glissent des pierres qui transpirent.

 

La vie quitte ses couloirs, même le père fouettard

Ne gronde plus du fond d'la cage d'escalier

Pour qu'enfin mangent les enfants boudeurs ou bavards

Les fourmis ne défilent plus dans le sucrier

Plus d'chiens dans le jardin, plus de chats sur l'armoire

Seul un couple d'araignées survit dans le sellier.

Des fantômes se sont installés dans les placards

Mais se désolent de l'absence d'hôtes à terrifier.

 

La cuisine s'éteint, les casseroles ont déserté

La batterie de culs de poule ne répond plus

Aux brots d'inox frémissant d'eau chaude ou de lait

Le four épuisé, la hotte enrhumée s'est tue

Les dessins sur les vitres se sont tous effacés

Les chamex et les torchons n'ont pas survécu

Aux verres, couverts, assiettes, plats et saladiers

Baignant autrefois dans les bacs de plonge en crue.

 

La salle n'accueille plus les repas interminables

Où le berger Cadio  contait ses aventures

A deux gamines pressées de quitter la table

Pour vite se rouler dans l'herbe ou cueillir des mûres

Le dimanche s'organisait la valse des cartables

Pleins de crayons de couleur, feutre, colle et peintures

Que de dessins d'anniversaire inoubliable

Cachés sous l'assiette, près du pot de confiture.

 

Dans le jardin des rumeurs, une maison meurt

Les volets sont clos, elle voudrait tant partir

Pelleteuse détruit les fondations de cette demeure

Les oiseaux  voleront dans la pierre du souvenir

Ces rires, ces voix, ces pas, ces couleurs, ces odeurs

Qui résonnent, vibrent, chantent et crient font que je respire.

Au fond de mon cœur, trône la maison du bonheur

Boite bercée de l'enfance, ouverte sur l'avenir.

par charlimagine publié dans : Charlidées
Vendredi 2 mai 2008

Brèves de prairies



    Rien ne me donne autant le vertige de liberté que des chevaux dans leurs prés. Enivrée par le vent, les narines saturées de pollen, les pieds baignés d'herbe grasse, la tête vide de tracas, je touche le bonheur dès que je partage quelques instants la vie de la prairie.

Au bout de mon objectif, se vit le quotidien des chevaux, nonchalants, insouciants...la prairie somnole des heures durant.
















terres de paresse,

















terres de tendresse


















lieu de quiétude


















Lieu de béatitude.


















Dans le troupeau, toujours un à l'affût, faisant le guet ...un oeil de vigilance du plus curieux ou du plus inquiet.




Et soudain, la prairie  se réveille en sursaut, elle tonne sous les sabots, 
soubresauts d'impertinence à l'envol d'un oiseau, aux soupirs des arbres grinçants,
 à l' appel d'une fuite en avant..
.


Toujours plus loin, toujours plus vite...

la prairie tremble, vibre , s'insurge avant d'offrir à nouveau cette paix  tant recherchée,


















si enviable...Si éphémère...

par charlimagine publié dans : blabla de dadas
Dimanche 13 avril 2008

Dans la famille
"So british...ou presque"

je demande:

La série:
Life on mars

Parmi la pollution de séries sur nos petits écrans, parmi tous ces (beaux) flics psycho-scientifiques, parmi tous ces scenari qui n'ont plus rien d'innovants , c'est une série britannique qui a retenu mon attention. Certes, c'est aussi l'histoire d'un flic, oui, il y a aussi des enquêtes à résoudre, je le concède, on retrouve aussi un soupçon "d'amourette à l'eau de rose"...Alors, quoi de plus que les autres? Life on mars invente un nouveau genre: le "fantastico policier", la restitution des seventies est  époustouflante autant dans le choix des décors, l'ambiance, les couleurs jusqu'à la psychologie des personnages collant bien à l'époque...L'histoire? Sam Tyler, policier en 2006 à Manchester se retrouve en 1973 suite à un accident de voiture. Pourquoi? Comment? Personne ne le sait. La prouesse de cette série est de parvenir à nous faire vivre la vie d'un commissariat dans l'angleterre des 70' avec crédibilité tout en sachant tenir en haleine son spectateur quant au sort de son héros, pris au piège de cette époque qui n'est pas la sienne! A ne pas manquer...Ah oui, le nom de la série est tout simplement un titre de David Bowie datant de ...1973 bien entendu!


David Bowie - Life On Mars


Le livre
Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro

Avec un tel nom d'auteur me direz vous, que vient-il faire dans un article intitulé "so british"...j'y viens...Kazuo Ishiguro est né au japon en 1954, il est arrivé en Grande Bretagne à l'âge de cinq ans. Décoré de l'ordre de l'Empire britannique pour service rendu à la littérature, il sait manier les mots avec délicatesse, poésie et parfois âpreté. Dans ce roman "Auprès de mots toujours", il nous livre ses craintes sur un monde à la dérive, un monde qui veut tout contrôler où l'homme est prêt à toutes les malversations pour s'offrir la maitrise du temps, du temps qui lui est imparti pour vivre au détriment de toute éthique. Ni scientifique, ni d'anticipation, sans tomber dans le misérabilisme, ce récit pourrait très bien être contemporain. Kath, Ruth et Tommy ont été élevés à Hailsham, école paradisiaque de la campagne anglaise. Protégés du monde extérieur, ils ne connaissent rien de la société pour laquelle ils rendent cependant service. Pourquoi méritent-ils toute cette attention? Pourquoi leur offre-t-on tout  ce confort? Qu'ont-ils de plus que les autres? Sans vraiment le dire, l'auteur nous le fait comprendre sans jamais tomber dans le mièvre ou le tragique.  Un livre envoutant traitant d'un sujet grave avec finesse et candeur.

La bande dessinée
Miss Endicott -  scenario: Derrin JC, illustrations: Fourquemin X
 ( en 2 tomes )


Bande dessinée française, Miss Endicott est pourtant une héroïne londonienne, charismatique petit bout de femme, qui semble bien frêle pour affronter le grand mal qui se prépare sous terre. Elle reçoit en lourd héritage, le rôle de conciliatrice que tenait jusque là sa maman avec fermeté et détermination. Sous ses airs de jeune fille bien rangée, Miss Endicott va pourtant relever ce défi avec malice et intelligence.
Bien que pas très original, ce scenario est soigné. Ecrit et illustré avec humour, il permet de passer un bon moment dans le Londres victorien à suivre les péripéties de ces personnages attachants et hauts en couleurs!

Mercredi 19 mars 2008


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Ma télé-vision
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Epile, efface
Toutes tes idées reines
Qu’elles passent à l’as…
Mises au grill des chaines
Goût télé achat des masses
Qui vante bêtise et haine
Prison piège d’audimat

Drôle de petite cervelle
Qui oscille surtout à droite
Devenue inconditionnelle
De la mise en boite
Apprend ce qu’on te répète
Sur ta télé extra plate :

Des infos des intox
Cure de paradoxes
Le Paradis ? perdu
Images sublimes, minables
Impressions déjà vu
Envie ma vie  incroyable
d’un vrai con vaincu

Drôle de petite cervelle
Prends garde, on te formate
Résiste à l’appel
Même si on t’appâte
Au pied de l’échelle
Pour faire grimper l’audimat

Des vrais des faux
Des rushes de videos
La vérité ? perdu
Images superbes, posées
Suspense entendu
C’est la télé réalité
Que l’on t’a revendu

Epile, efface
Ces vérités hertziennes
Qu’elles passent à l’as…
Brises donc ces chaines
Demi-tour c’est une impasse
Plus de câble qui te retienne
A cette vie d’automate

par charlimagine publié dans : radio miroir
Mardi 19 février 2008
  Oh la la, voici un bout de temps que je n'ai pas posté dans cette partie de blog...A vrai dire, je n'ai guère été très productive ces derniers mois... 
Pour dessiner, nul doute qu'il faut trouver une source d'inspiration...une  image vue, une ambiance vécue, une émotion à partager...Un dessin c'est toujours l'histoire d'un instant que l'on a hâpé un peu par hasard, une  source d'antimatière qui réclame  à prendre forme, une  émotion  dense qui déborde de l'être et  se doit de continuer son chemin sur la feuille, une crue de sensationsqui cherche à s'étendre quand le corps se fait trop étroit.

L'inspiration est hélas une denrée capricieuse, plus on la cherche moins on la trouve...Elle se pointe au bout du crayon toujours quand on s'y attend le moins...Comme cette fois là, en fin de journée, je rentrais à la maison, je venais de voir Jazz...le soleil était radieux...Je m'arrête au stop, je scrute la chaussée pour traverser l'intersection mais mon regard s'attarde sur deux roulottes garées de part et d'autre de la route. je me jète sur l'appareil photo pour immortaliser la scène...
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Pourtant l'alchimie ne s'est pas encore opérée...Ce n'est que le lendemain matin, en sens inverse, la plaine encore baignée de brume que l'image m'est apparue. Au stop la silhouette d'un cheval se découpe dans le brouillard, une petite fumée s'échappe de la cheminée de la roulotte. La magie opère, une histoire me trotte alors en tête.

Voici donc le dessin qui en est sorti...Il ne traduit pas exactement ce que j'ai vu. Une sensation d'inachevé...Comme suspendu au temps...Ni de lieu, ni de date...juste une image comme la première ligne d'un livre à écrire.
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Décidément, prendre la route de bon matin est propice à fertiliser mon imagination..A de nombreuses reprises, j'ai eu l'occasion de voir un ou plusieurs hérons, élégants et stoïques au milieu des champs.Simples piquets droits à peine visibles, d'un battement d'ailes, ils couvrent la plaine d'une ombre géante...
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La collision entre la chanson "Lacrymal Circus" de Renan Luce et le film "Moulin Rouge" donne ce dessin,  emprunt d'un spleen baudelérien et teinté de l'ivresse d'une piste de cirque.
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Pour finir, les aventures de Suka Wakan, personnage de jeu de rôle, viennent parfois s'échouer sur une feuille...undefined
l'inspiration, indomptable se montre parfois capricieuse, mais dès qu'elle se laisse attraper, elle offre sans concession cet irréductible sentiment de bien être.

 

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