
Dans le jardin des rumeurs, une maison pleure
Les volets à mi-clos, elle sent sa fin venir
Les gouttières crachent leur mousse, les murs suintent de sueur
De leur trou, les toilettes broient du noir et soupirent.
La chaudière hoquette, crachant des larmes de chaleur
D'un bâillement de porte, s'échappent ses souvenirs
Des rires, des voix, des pas, des odeurs, des couleurs
Se décollent, se déchirent, glissent des pierres qui transpirent.
La vie quitte ses couloirs, même le père fouettard
Ne gronde plus du fond d'la cage d'escalier
Pour qu'enfin mangent les enfants boudeurs ou bavards
Les fourmis ne défilent plus dans le sucrier
Plus d'chiens dans le jardin, plus de chats sur l'armoire
Seul un couple d'araignées survit dans le sellier.
Des fantômes se sont installés dans les placards
Mais se désolent de l'absence d'hôtes à terrifier.
La cuisine s'éteint, les casseroles ont déserté
La batterie de culs de poule ne répond plus
Aux brots d'inox frémissant d'eau chaude ou de lait
Le four épuisé, la hotte enrhumée s'est tue
Les dessins sur les vitres se sont tous effacés
Les chamex et les torchons n'ont pas survécu
Aux verres, couverts, assiettes, plats et saladiers
Baignant autrefois dans les bacs de plonge en crue.
La salle n'accueille plus les repas interminables
Où le berger Cadio contait ses aventures
A deux gamines pressées de quitter la table
Pour vite se rouler dans l'herbe ou cueillir des mûres
Le dimanche s'organisait la valse des cartables
Pleins de crayons de couleur, feutre, colle et peintures
Que de dessins d'anniversaire inoubliable
Cachés sous l'assiette, près du pot de confiture.
Dans le jardin des rumeurs, une maison meurt
Les volets sont clos, elle voudrait tant partir
Pelleteuse détruit les fondations de cette demeure
Les oiseaux voleront dans la pierre du souvenir
Ces rires, ces voix, ces pas, ces couleurs, ces odeurs
Qui résonnent, vibrent, chantent et crient font que je respire.
Au fond de mon cœur, trône la maison du bonheur
Boite bercée de l'enfance, ouverte sur l'avenir.
Brèves de prairies
Au bout de mon objectif, se vit le quotidien des chevaux, nonchalants, insouciants...la prairie somnole des heures durant.
terres de tendresse

Lieu de béatitude.

Et soudain, la prairie se réveille en sursaut, elle tonne sous les sabots,
soubresauts d'impertinence à l'envol d'un oiseau, aux soupirs des arbres grinçants,
à l' appel d'une fuite en avant...
Toujours plus loin, toujours plus vite...
"So british...ou presque"
je demande:
Life on
marsDavid Bowie - Life On Mars
( en 2 tomes )
Bien que pas très original, ce scenario est soigné. Ecrit et illustré avec humour, il permet de passer un bon moment dans le Londres victorien à suivre les péripéties de ces personnages attachants et hauts en couleurs!
Ma télé-vision
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Epile, efface
Toutes tes idées reines
Qu’elles passent à l’as…
Mises au grill des chaines
Goût télé achat des masses
Qui vante bêtise et haine
Prison piège d’audimat
Drôle de petite cervelle
Qui oscille surtout à droite
Devenue inconditionnelle
De la mise en boite
Apprend ce qu’on te répète
Sur ta télé extra plate :
Des infos des intox
Cure de paradoxes
Le Paradis ? perdu
Images sublimes, minables
Impressions déjà vu
Envie ma vie incroyable
d’un vrai con vaincu
Drôle de petite cervelle
Prends garde, on te formate
Résiste à l’appel
Même si on t’appâte
Au pied de l’échelle
Pour faire grimper l’audimat
Des vrais des faux
Des rushes de videos
La vérité ? perdu
Images superbes, posées
Suspense entendu
C’est la télé réalité
Que l’on t’a revendu
Epile, efface
Ces vérités hertziennes
Qu’elles passent à l’as…
Brises donc ces chaines
Demi-tour c’est une impasse
Plus de câble qui te retienne
A cette vie d’automate
Pour dessiner, nul doute qu'il faut trouver une source d'inspiration...une image vue, une ambiance vécue, une émotion à partager...Un dessin c'est toujours l'histoire d'un instant que l'on a hâpé un peu par hasard, une source d'antimatière qui réclame à prendre forme, une émotion dense qui déborde de l'être et se doit de continuer son chemin sur la feuille, une crue de sensationsqui cherche à s'étendre quand le corps se fait trop étroit.
L'inspiration est hélas une denrée capricieuse, plus on la cherche moins on la trouve...Elle se pointe au bout du crayon toujours quand on s'y attend le moins...Comme cette fois là, en fin de journée, je rentrais à la maison, je venais de voir Jazz...le soleil était radieux...Je m'arrête au stop, je scrute la chaussée pour traverser l'intersection mais mon regard s'attarde sur deux roulottes garées de part et d'autre de la route. je me jète sur l'appareil photo pour immortaliser la scène...

Pourtant l'alchimie ne s'est pas encore opérée...Ce n'est que le lendemain matin, en sens inverse, la plaine encore baignée de brume que l'image m'est apparue. Au stop la silhouette d'un cheval se découpe dans le brouillard, une petite fumée s'échappe de la cheminée de la roulotte. La magie opère, une histoire me trotte alors en tête.
Voici donc le dessin qui en est sorti...Il ne traduit pas exactement ce que j'ai vu. Une sensation d'inachevé...Comme suspendu au temps...Ni de lieu, ni de date...juste une image comme la première ligne d'un livre à écrire.

Décidément, prendre la route de bon matin est propice à fertiliser mon imagination..A de nombreuses reprises, j'ai eu l'occasion de voir un ou plusieurs hérons, élégants et stoïques au milieu des champs.Simples piquets droits à peine visibles, d'un battement d'ailes, ils couvrent la plaine d'une ombre géante...

La collision entre la chanson "Lacrymal Circus" de Renan Luce et le film "Moulin Rouge" donne ce dessin, emprunt d'un spleen baudelérien et teinté de l'ivresse d'une piste de cirque.

Pour finir, les aventures de Suka Wakan, personnage de jeu de rôle, viennent parfois s'échouer sur une feuille...

l'inspiration, indomptable se montre parfois capricieuse, mais dès qu'elle se laisse attraper, elle offre sans concession cet irréductible sentiment de bien être.


